Le prix du Pass Navigo, utilisé quotidiennement par des millions de Franciliens, continuera d’augmenter chaque année jusqu’en 2031. Cette hausse progressive est une conséquence directe du financement du Grand Paris Express. Valérie Pécresse, présidente d’Île-de-France Mobilités, a détaillé les raisons et les mesures d’accompagnement pour les usagers.
Le Pass Navigo fait partie intégrante de la vie des résidents en Île-de-France, mais son coût continue d’augmenter chaque année. En effet, selon un protocole signé en 2023 entre l’État, Île-de-France Mobilités (IDFM) et les collectivités locales, ces hausses tarifaires sont inévitables jusqu’en 2031. L’objectif est de financer l’extension du réseau de transport francilien, notamment le Grand Paris Express, un projet colossal qui ajoutera 300 km de nouvelles lignes et 70 nouvelles gares au métro parisien. Cette annonce de Valérie Pécresse, présidente de la région Île-de-France et d’Île-de-France Mobilités (IDFM), fait déjà réagir, notamment en raison des hausses précédentes et des retards rencontrés par le projet.
Des hausses régulières mais modérées jusqu’en 2031
Le tarif du Pass Navigo a déjà subi plusieurs hausses ces dernières années. En 2023, il a augmenté de 12 %, passant de 75,10 € à 84,10 €, principalement en raison de la pandémie et de la guerre en Ukraine. Depuis, les hausses se sont poursuivies, avec une augmentation de 2,73 % en 2024 (de 84,10 € à 86,40 €) et de 2,78 % en 2025, pour atteindre 88,80 €. Selon l’Insee, l’augmentation enregistrée en ce début 2025 est estimée à +2 % de l’inflation moyenne, ce qui est bien au-dessus de l’inflation.
Bien que Valérie Pécresse ait précisé que ces hausses resteraient limitées à un pourcentage inférieur à l’inflation + 1 %, un seuil qui vise à éviter des augmentations trop brutales pour les usagers. Si les hausses actuelles sont modérées, elles restent néanmoins au-dessus de l’inflation, ce qui est difficile à accepter pour certaines catégories d’usagers. En effet, si ces ajustements tarifaires sont destinés à financer l’extension du réseau, l’opposition et certains usagers ne cachent pas leur mécontentement face à ces augmentations.
Le Grand Paris Express : un projet crucial mais retardé
Le financement de ces hausses de tarifs est étroitement lié au développement du projet du Grand Paris Express. Ce projet d’envergure prévoit l’ouverture de nouvelles lignes de métro à partir de 2027, avec un total de 300 km supplémentaires de lignes et 70 nouvelles gares. Cependant, les retards accumulés dans la réalisation des travaux compliquent les attentes des usagers. En février 2024, la Société des Grands Projets a annoncé que certaines lignes, comme les lignes 15 sud, 16 et 17, ne seraient pas ouvertes avant 2027, repoussant ainsi les avantages du projet.
Ce retard impacte directement la qualité du service, notamment pour les habitants de la petite couronne, qui comptaient sur ces nouvelles lignes pour améliorer leur quotidien. Valérie Pécresse a reconnu la situation et assure que des efforts seront faits pour réduire ces délais, mais en attendant, les hausses tarifaires continueront à s’appliquer.
Des financements alternatifs et les critiques de l’opposition
L’opposition, particulièrement la Gauche communiste, écologiste et citoyenne, dénonce la politique tarifaire actuelle et plaide pour un autre mode de financement des transports. Selon eux, les usagers sont trop sollicités et d’autres sources de financement devraient être explorées, comme les taxes « malus » sur les véhicules polluants ou l’instauration d’une taxe sur l’aviation d’affaires. Ils estiment également que la contribution des entreprises et des collectivités locales n’est pas à la hauteur des enjeux.
Pour répondre à ces critiques, Valérie Pécresse rappelle que des subventions existent pour compenser une partie de la hausse pour les usagers, notamment avec la prise en charge du Pass Navigo par les employeurs. En 2025, environ 90 % des détenteurs de Pass Navigo bénéficient d’une prise en charge partielle de leur abonnement. Par ailleurs, les tarifs sociaux restent en place pour les personnes à faibles revenus.
L’augmentation progressive du Pass Navigo est donc une réalité inéluctable, même si des mesures compensatoires existent pour certains. Cependant, la question du financement reste un point de friction important, notamment en raison des retards du Grand Paris Express et des incertitudes économiques.
Le coût réel du Pass Navigo et l’avenir des tarifs
Si le Pass Navigo continue d’augmenter, il reste bien subventionné par les autorités locales. Valérie Pécresse a récemment estimé que le coût réel du Pass Navigo, sans subventions, serait de 274 €, un chiffre qui met en perspective l’importance des aides publiques. Selon les projections actuelles, le prix de l’abonnement pourrait avoisiner les 90 € en 2028 et atteindre 100 € en 2031, au moment de l’achèvement du Grand Paris Express.
Ainsi, bien que l’objectif des hausses tarifaires soit de garantir le financement du Grand Paris Express, la question du financement demeure complexe. Si l’objectif de moderniser le réseau et d’offrir des alternatives au transport routier est compris par certains, d’autres estiment qu’il est injuste de faire reposer l’essentiel du financement sur les usagers des transports publics. La question de l’équité dans cette hausse des tarifs pourrait bien être au cœur du débat dans les années à venir, d’autant plus que le chantier du GPE semble prendre du retard.
Le tarif du Pass Navigo, désormais fixé à 88,80 € en 2025, pourrait ainsi atteindre près de 100 € d’ici 2031. Les usagers devront donc se préparer à un budget de transport de plus en plus élevé, à moins que d’autres solutions de financement, comme celles proposées par l’opposition, ne viennent modifier la donne.