L’euro augmente fortement face au dinar algérien, atteignant des niveaux records tant sur le marché officiel que sur le marché parallèle. Cette hausse soudaine soulève des inquiétudes sur les effets économiques, en particulier pour les produits importés et la vie quotidienne des Algériens.
En effet, ce vendredi 21 mars 2025, l’euro a connu une progression marquante face au dinar algérien, aussi bien sur le marché officiel que sur le marché parallèle. Alors que les Algériens anticipent une reprise de l’activité économique, cette hausse du taux de change soulève des questions concernant les impacts économiques, notamment sur les importations et le pouvoir d’achat. Le marché des devises reste volatil, et l’augmentation de l’euro face au dinar algérien pourrait se poursuivre dans les semaines à venir.
La forte augmentation de l’euro face au dinar algérien est un phénomène qui semble s’intensifier depuis quelques jours. Le taux de change sur le marché parallèle a franchi la barre des 25 500 DA à la vente et 25 300 DA à l’achat pour 100 euros, un niveau qui marque un nouveau pic pour cette année. Comparé à la veille, où l’euro était coté à 25 400 DA à la vente et 25 200 DA à l’achat, cette montée s’avère être une tendance inquiétante pour les citoyens algériens, surtout en cette période de forte demande.
Alors que la demande pour les devises européennes a augmenté de manière significative, notamment en raison des préparatifs pour les voyages à l’étranger durant la fête de l’Aïd El Fitr, les autorités algériennes surveillent attentivement cette évolution. Le marché parallèle, également appelé marché noir, a toujours une influence importante sur l’économie du pays, bien qu’il soit souvent perçu comme un marché illégal.
L’un des facteurs clés expliquant cette hausse de l’euro face au dinar est la combinaison de la reprise de la demande pour la monnaie européenne et une offre qui peine à suivre. Les cambistes notent que, même si les prévisions de reprise économique après le Ramadan devraient stabiliser la situation, les tensions demeurent fortes. Le retour des voyages à l’étranger, combiné à l’anticipation de l’allocation touristique prévue après l’Aïd, amplifie la demande pour l’euro. L’impact est tangible dans la vie quotidienne, notamment pour les entreprises algériennes qui importent des biens facturés en euros.
L’impact de la hausse de l’euro sur les prix des produits importés
Cette augmentation significative du taux de change pourrait entraîner une hausse des prix des produits importés. En effet, les entreprises qui dépendent de l’importation de biens en euros risquent d’être contraintes d’ajuster leurs prix à la hausse pour couvrir leurs coûts. Le secteur de l’importation, particulièrement celui des biens de consommation, pourrait être l’un des plus affectés, ce qui risquerait de peser davantage sur le pouvoir d’achat des consommateurs algériens.
Le phénomène n’est pas isolé, car une tendance similaire s’est observée au début de l’année, bien que la situation semblait se stabiliser à la fin du mois de février. En revanche, le mois de mars a marqué un retournement, l’euro ayant repris de la vigueur face au dinar, une tendance confirmée par les cambistes et les experts économiques. Ce retour à la hausse pourrait être le reflet d’une certaine dynamique spéculative dans un marché qui reste imprévisible.
Les prévisions face à l’incertitude économique
À l’approche de l’Aïd El Fitr, de nombreux Algériens se tournent vers le marché noir pour se procurer des devises afin de financer leurs projets de voyage ou d’achats à l’étranger. En conséquence, la demande pour l’euro reste soutenue, et la monnaie européenne pourrait continuer de grimper face au dinar dans les semaines à venir. Les économistes spéculent sur la possibilité que cette hausse soit temporaire, mais pour l’instant, le marché reste influencé par des facteurs saisonniers et des anticipations d’une activité économique soutenue après la fête.
Il est également important de noter la différence de taux de change entre le marché officiel et le marché parallèle. Le 19 mars, sur le marché officiel, 100 euros s’échangeaient contre 14 535 DA à la vente et 14 531 DA à l’achat, une différence notable par rapport aux taux du marché noir, où la valeur de l’euro avoisinait les 25 500 DA. Cette disparité soulève des questions sur l’efficacité des politiques monétaires en Algérie et sur la confiance des citoyens dans le marché officiel.
Enfin, le maintien de la hausse de l’euro pourrait bien être influencé par l’octroi de la nouvelle allocation touristique de 750 euros, prévue après l’Aïd El Fitr. Cette mesure pourrait générer un afflux supplémentaire de demandes pour des devises étrangères, surtout si elle attire un plus grand nombre de citoyens vers les marchés parallèles, où l’euro reste souvent plus accessible que sur le marché officiel. Dans un contexte économique incertain, la question de la stabilité du dinar face aux devises étrangères, notamment l’euro, continuera d’être un sujet de préoccupation pour les autorités algériennes et les citoyens.