La Belgique, membre de l’espace Schengen, a récemment lancé une campagne numérique visant à dissuader les migrants de venir sur son territoire. Ce pays Schengen ferme ses portes aux étrangers, notamment en raison de la saturation de ses structures d’accueil et d’une politique migratoire stricte.
La campagne de dissuasion vise à empêcher les migrants de venir sur son sol, en particulier ceux en transit ou issus de pays comme le Cameroun et la Guinée. Alors que la saturation des structures d’accueil devient une réalité, dans son message la Belgique est en peut plus clair « Les structures d’accueil en Belgique sont pleines, alors ne venez pas ici. » Cette mesure pourrait signaler un tournant important dans l’approche européenne de l’immigration.
La Belgique répond à une crise migratoire croissante
Le 19 mars 2025, la Belgique a annoncé une nouvelle initiative pour limiter les arrivées sur son territoire, une campagne numérique destinée à dissuader les demandeurs d’asile. L’objectif ? Mettre en garde les migrants potentiels sur la situation actuelle du pays, saturé par un nombre croissant de demandes. L’Office des étrangers (IBZ) a fait savoir que le but de cette campagne est de « Dire aux candidats à l’asile ou aux individus en transit vers notre pays, que notre réseau d’accueil est complètement saturé. Nous devons leur communiquer une information correcte. »
La ministre de l’Asile et de la Migration, Anneleen Van Bossuyt, a souligné dans un communiqué que la Belgique « N’est plus un pays de cocagne » et ne peut plus offrir un refuge comme par le passé. Dans un contexte où l’Europe fait face à un afflux constant de migrants, notamment en provenance de pays comme la Syrie, l’Afghanistan ou encore le Cameroun et la Guinée, la Belgique s’efforce d’envoyer un message explicite : « Ne venez pas ici ».
Ce pays Schengen ferme officiellement ses portes aux étrangers, ou du moins, à ceux qui cherchent à entrer sur son territoire dans l’espoir d’y obtenir une protection. Le pays, déjà largement débordé par les demandes d’asile, a donc opté pour un durcissement de sa politique migratoire. La campagne, qui prend une forme numérique avec des messages diffusés sur YouTube, WhatsApp et autres plateformes, vise principalement à informer les migrants des difficultés qu’ils rencontreront s’ils choisissent la Belgique comme destination.
L’accent est mis sur les conditions d’accueil déjà critiques, et les autorités belges insistent sur le fait que l’immigration clandestine ne sera plus tolérée. Ce message, en particulier à destination des ressortissants de pays comme le Cameroun et la Guinée, reflète la politique migratoire de plus en plus restrictive mise en place dans plusieurs pays européens.
Un pays Schengen ferme ses portes aux étrangers : contexte et raisons
Le durcissement de la politique migratoire en Belgique ne se fait pas sans arrière-pensée. L’année dernière, près de 40 000 demandes d’asile ont été déposées dans le pays. Toutefois, l’Office des étrangers précise au quotidien français le « Figaro » que cette campagne concerne « particulièrement, et pour l’instant » les demandeurs en provenance de deux pays, à savoir, le Cameroun et la Guinée-Conakry. Il indique que « Un très grand nombre de demandeurs d’asile, surtout pour des raisons économiques, viennent de ces deux États, mais leur taux de reconnaissance d’asile est bas », un taux estimé à 6% au total, selon les chiffres communiqués par le ministère fédéral de l’Intérieur.
En conséquence, cette campagne de dissuasion vise à éviter l’afflux de personnes qui n’ont que peu de chances d’obtenir une protection internationale, tout en minimisant les risques de débordement des structures d’accueil. La Belgique, comme de nombreux pays de l’espace Schengen, cherche à répondre aux critiques croissantes concernant sa capacité à gérer l’immigration. Cette situation est d’autant plus complexe dans un contexte où de nombreux migrants transitent par des pays voisins comme la Grèce ou la Bulgarie avant d’arriver en Belgique.
Dans son message publié en ligne, elle précise que « La Belgique met en place la politique migratoire la plus stricte de son histoire. L’immigration clandestine ne sera plus tolérée et doit cesser. » C’est donc dans cette optique que le gouvernement belge a ciblé ces zones, en particulier pour contrer les flux migratoires depuis l’Afrique et l’Asie. Les autorités belges ont de ce fait mis en place un plan de communication destiné à convaincre les migrants de renoncer à leur projet de venir en Belgique.
Crise migratoire européenne : vers un renforcement des frontières ?
La Belgique n’est pas seule dans cette démarche. En effet, de nombreux autres pays Schengen se trouvent dans une situation similaire, confrontés à des flux migratoires importants. Cette campagne soulève un enjeu majeur pour l’espace Schengen dans son ensemble, la question de la gestion des frontières communes. Alors que certains plaident pour une ouverture des frontières et une solidarité accrue entre les États membres, d’autres, à l’instar de la Belgique, choisissent de renforcer leurs mesures de contrôle. Le modèle belge, qui combine une campagne de dissuasion en ligne et un renforcement des contrôles à la frontière, pourrait donc devenir une référence pour d’autres pays européens.
Mais, bien que cette approche permette de gérer les flux migratoires à court terme, elle soulève des questions sur la capacité de l’Europe à répondre aux crises humanitaires à plus long terme. Ainsi, bien que cette politique vise à réduire le nombre de migrants arrivant sur le sol belge, elle ne résout en rien les problèmes sous-jacents qui poussent des milliers de personnes à fuir leur pays d’origine. Les causes profondes de l’immigration, telles que les conflits, la pauvreté et les changements climatiques, continuent de nourrir les flux migratoires.
Toujours selon les chiffres communiqués par le ministère fédéral de l’Intérieur de la Belgique, le taux de demande qui provient de la Palestine est de 14%, de même pour la Syrie (14%) et de 9% de l’Afghanistan. Ces trois pays en guerre où la vie des réfugiés semble menacée ne sont pas concernés par cette campagne en vertu des statuts de la Convention de Genève qui détermine les conditions d’octroi d’une protection internationale aux réfugiés.
Ce phénomène pourrait marquer un tournant dans les politiques migratoires européennes au-delà des frontières belges, avec des pays Schengen de plus en plus enclins à restreindre l’accès à leur territoire. Le système Schengen pourrait ainsi se retrouver dans une situation où les frontières seront de plus en plus surveillées, ce qui pourrait avoir des répercussions sur la mobilité intra-européenne et sur la gestion des crises migratoires à l’échelle continentale.