Un vaste réseau frauduleux proposait un titre de séjour en France vendu pour 3 000 €, exploitant une faille administrative entre 2016 et 2018. Le vendredi 22 mars 2025, un faux avocat et trois complices ont été condamnés à des peines de prison avec sursis et jusqu’à 30 000 € d’amende après huit ans d’enquête et de procédure judiciaire.
Le tribunal de Paris a condamné quatre individus impliqués dans un trafic de titres de séjour en France vendu pour 3 000 € par dossier. À la tête de cette arnaque, un faux avocat qui, avec ses complices, proposait aux ressortissants chinois un moyen frauduleux d’obtenir un titre de séjour via une entreprise fictive.
L’enquête, menée par l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (OCRIEST), a révélé un montage administratif complexe entre Paris et Andorre, permettant au groupe de détourner 500 000 euros en seulement deux ans. Après huit ans de procédure, la justice a enfin tranché, infligeant des peines de prison avec sursis, des amendes jusqu’à 30 000 € et des interdictions de gérer. Retour sur une affaire qui met en lumière les failles du système des titres de séjour en France.
Titre de séjour en France vendu pour 3 000 €
Après huit ans d’enquête et de procédure judiciaire, la justice française a enfin tranché, un faux avocat et ses trois complices ont été condamnés pour leur rôle dans un trafic de titres de séjour en France vendu à des ressortissants chinois contre plusieurs milliers d’euros. Le verdict est tombé le vendredi 22 mars 2025 au tribunal de Paris, mettant fin à une affaire d’escroquerie à l’immigration qui s’est déroulée entre 2016 et 2018.
L’enquête commence en février 2017 lorsqu’un renseignement parvient aux agents de l’Office central pour la répression de l’immigration irrégulière et de l’emploi d’étrangers sans titre (OCRIEST). Un signalement indique qu’une société située rue de Rome dans le VIIIe arrondissement de Paris proposerait à des ressortissants chinois d’obtenir un titre de séjour en France vendu contre environ 3 000 euro.
Un système bien rodé : un faux avocat arrêté
L’astuce ? Un montage administratif complexe reposant sur une loi de l’époque qui permettait aux investisseurs étrangers possédant au moins 11 % d’une société d’obtenir un titre de séjour en tant qu’entrepreneurs. Le faux avocat et ses complices ont exploité cette faille en créant des entreprises fictives afin de faire croire à une activité économique réelle.
Le groupe, composé de quatre individus âgés de 37 à 47 ans, organisait un véritable réseau de fraude administrative basé sur la création d’entreprises fictives. Grâce à des intermédiaires en Andorre, ils montaient de faux dossiers en produisant des documents falsifiés :
- Bons de commande fictifs pour simuler des échanges commerciaux.
- Documents comptables truqués prouvant une activité inexistante.
- Statuts d’entreprises créées de toutes pièces, principalement dans le domaine du consulting et de l’informatique.
Grâce à cette fraude, le réseau aurait engrangé environ 500 000 euros sur une période de deux ans. En proposant à des ressortissants chinois d’obtenir un titre de séjour en France vendu contre environ 3 000 euro.
Un jugement après sept ans de procédure
Le tribunal de Paris a rendu son verdict le 22 mars 2025 après trois jours de procès. Les peines prononcées vont de six à dix-huit mois de prison avec sursis. Deux des prévenus ont également écopé d’amendes allant de 3 000 à 30 000 euros et d’interdictions de gérer une entreprise.
Seule la femme impliquée dans l’affaire a reconnu les faits, expliquant qu’elle avait agi sous les ordres du faux avocat. Son avocat, Me Jules Teboul, a souligné qu’elle avait été une simple exécutante, sans intention frauduleuse, ce qui lui a valu une peine de six mois avec sursis après sept ans de contrôle judiciaire.
Les autres accusés ont nié toute intention de fraude, affirmant avoir simplement voulu « aider des membres de la communauté chinoise » confrontés aux lenteurs administratives françaises.
Après huit ans de procédure, la justice a enfin tranché, infligeant des peines de prison avec sursis, des amendes jusqu’à 30 000 € et des interdictions de gérer. Retour sur une affaire qui met en lumière les failles du système des titres de séjour en France.
Ce trafic de titres de séjour en France vendu à des étrangers montre une faille exploitée par des réseaux bien organisés. Si l’affaire est aujourd’hui close pour ces quatre individus, elle soulève des questions sur la surveillance des demandes de titres de séjour, en particulier celles impliquant des investissements étrangers et la création d’entreprises.