Le passage à l’heure d’été bientôt supprimé en France ? Cette question revient sur le devant de la scène chaque année à l’approche du changement d’heure. Pourtant, malgré une volonté manifeste d’abolir cette pratique en Europe, le processus reste bloqué, notamment en raison de divergences entre les États membres.
Alors que certains pays ont déjà abandonné ce rituel saisonnier, la France, elle, continue d’adopter l’heure d’été sans savoir si cette tradition sera maintenue pour longtemps. En effet, le changement d’heure en France est une habitude vieille de plus d’un siècle. Introduit en 1916, puis réadopté en 1976 après le choc pétrolier, il avait pour objectif de réaliser des économies d’énergie. Depuis 1998, les dates de passage à l’heure d’été et à l’heure d’hiver sont harmonisées au sein de l’Union européenne. Cette initiative a été mise en œuvre dans un contexte où une gestion rigoureuse de l’énergie apparaissait indispensable, la crise pétrolière des années 1970 n’étant pas encore totalement éludée.
Bien que l’argument des économies d’énergie semble aujourd’hui moins convaincant, le changement d’heure continue de faire l’objet de nombreuses critiques. Une partie significative de la population considère que les économies réalisées sont négligeables, tandis que d’autres mettent en avant des effets négatifs tels que des troubles du sommeil ou une hausse des accidents de la route. L’impact sur la santé publique est désormais au cœur des préoccupations, poussant plusieurs pays européens à envisager sérieusement l’abandon de cette pratique.
Le passage à l’heure d’été bientôt supprimé en France : pourquoi ça bloque ?
En 2019, une résolution adoptée par le Parlement européen semblait donner un coup de pouce à l’abolition du changement d’heure. L’idée était que chaque État membre de l’UE choisirait une heure permanente, entre l’heure d’été ou l’heure d’hiver, pour mettre fin à cette rotation semestrielle. Cependant, cette proposition est restée en suspens, et les Français continuent de changer d’heure tous les ans, sans certitude sur l’avenir de cette mesure.
Néanmoins, ce contexte européen crée des divergences qui ralentissent la réforme. L’un des principaux obstacles à la suppression du changement d’heure en Europe est le manque d’accord entre les pays sur l’heure à adopter. Faut-il conserver l’heure d’été, qui implique de profiter de plus de lumière en soirée, ou bien privilégier l’heure d’hiver, plus alignée sur le rythme naturel du corps humain ? Chaque pays a sa propre vision, et cette indécision a conduit à un retard considérable. La Commission européenne avait prévu que la réforme entrerait en vigueur dès 2021, mais de multiples événements, comme la pandémie de COVID-19 et les crises géopolitiques, ont retardé sa mise en œuvre.
Les experts européens ont également insisté sur la nécessité de mener une étude d’impact pour évaluer les conséquences d’un tel changement sur les transports, l’économie et la vie quotidienne des citoyens. Cette analyse devait permettre d’éclairer les choix à faire. Cependant, les discussions n’ont pas avancé, et l’UE n’a toujours pas trouvé de solution satisfaisante pour tous.
Des pays européens déjà en dehors du système
Certaines nations européennes ont pris les devants en abandonnant complètement le changement d’heure. Par exemple, l’Islande et le Groenland, deux régions où la question de l’ensoleillement est particulière, ont décidé depuis longtemps de ne pas y participer. D’autres pays en dehors de l’Europe ont également renoncé à l’heure d’été, jugée inefficace. L’Afrique du Sud, la Chine, l’Inde et bien d’autres encore n’ont jamais pratiqué de changement d’heure, et cela n’a pas semblé poser de problème majeur.
En 2025, l’Ukraine devrait, elle aussi, faire partie de cette catégorie. Ce pays, qui a déjà expérimenté un passage à l’heure unique en 2011 et 2021, a pris la décision de ne plus changer d’heure, préférant se maintenir sur l’heure d’Europe centrale en permanence. Ce choix est d’autant plus pertinent dans le contexte actuel de la guerre avec la Russie, puisque l’Ukraine se retrouvera alignée sur le même fuseau horaire que Moscou.
Les enjeux de la fin du changement d’heure
La décision de supprimer le changement d’heure d’été en France pourrait apparaître comme une simple formalité. Pourtant, la mise en œuvre de la mesure pose de nombreuses questions tant techniques que politiques. Si elle est prise, chaque État pourra choisir librement dans quelle zone horaire, il veut demeurer. Ce qui s’accompagnera probablement d’un débat quant au risque de désynchronisation, nationale puis internationale, de certains horaires, en premier lieu les régimes horaires de transports transfrontaliers, d’échanges économiques ou même les horaires de diffusion télévisuelle.
Il est donc évident que l’abolition du changement d’heure, bien que soutenue par une partie de la population, ne fait pas l’unanimité et reste une question complexe. En attendant, les Français devront encore avancer leurs montres cette année, le dimanche 30 mars 2025, sans savoir si ce sera le dernier passage à l’heure d’été.