Un voyageur arrêté par les services de sécurité de l’aéroport à Alger, en possession de sommes considérables en devises étrangères et en monnaie locale. Le suspect, un commerçant algérien résidant au Koweït, s’apprêtait à embarquer pour la Turquie.
Les tentatives de transfert illicite de devises à l’étranger sont fréquentes malgré les mesures strictes en vigueur, certains individus cherchent à contourner la réglementation. Par exemple, en septembre 2023, les éléments de la Police aux frontières (PAF) de l’aéroport d’Alger ont arrêté une passagère en possession de près de 50 000 euros destinés à un transfert illicite vers la Turquie.
En Algérie, la réglementation encadre strictement le transport de devises. La déclaration est obligatoire si la somme transportée est égale ou supérieure à 1 000 euros pour les nationaux résidents et non-résidents.
Le règlement n° 24-05 de la Banque d’Algérie, daté du 13 octobre 2024, fixe le montant maximal autorisé à l’exportation pour les voyageurs à 7 500 euros par an. Toute somme supérieure doit être déclarée et accompagnée d’un justificatif bancaire
Un voyageur arrêté en possession de sommes considérables
Lors du contrôle des bagages, les autorités ont découvert 474 300 euros, 1 975 livres turques et Interrogé sur place, le voyageur qui a affirmé qu’il se rendait à l’aéroport dans le but de déclarer les sommes transportées, niant toute intention de transfert illégal. Il a soutenu que les services de sécurité l’ont interpellé avant qu’il n’entame la procédure de déclaration.
Les autorités ont immédiatement ouvert une enquête approfondie. Le suspect principal, identifié sun commerçant algérien établi au Koweït. Il est propriétaire d’une usine de textiles en partenariat avec des investisseurs turcs à Sharjah, aux Émirats arabes unis.
Les investigations ont permis d’identifier deux autres individus liés à cette affaire. Le premier est un commerçant du marché noir des devises à Alger. Il a déclaré n’avoir aucun lien avec le suspect principal, précisant qu’il avait simplement vendu de la monnaie nationale en tant que client. Le second, un homme âgé résidant en France, a été associé à l’affaire après la découverte de l’utilisation d’une carte SIM enregistrée à son nom par le suspect principal qui a nié toute implication, affirmant ignorer l’utilisation frauduleuse de ses données personnelles.
Le 13 mars, les accusés ont été présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Dar El Beïda, territorialement compétent. Le procureur a ordonné l’ouverture d’une enquête judiciaire pour déterminer les responsabilités des personnes impliquées.
Plus récemment, en décembre 2024, un commandant de bord de la compagnie Air Algérie a été intercepté à l’aéroport international d’Alger avec 105 000 euros en liquide dans ses bagages. Cette saisie s’inscrit dans le cadre du renforcement des contrôles aux frontières visant à lutter contre les transferts illégaux de devises.
Ces tentatives de transfert illicite de devises ont des répercussions économiques importantes. Elles contribuent à l’évasion fiscale et peuvent déstabiliser l’économie nationale. C’est pourquoi les autorités algériennes renforcent continuellement les mesures de contrôle aux frontières pour lutter contre ce phénomène.
Les voyageurs sont donc fortement encouragés à se conformer aux réglementations en vigueur concernant le transport de devises. Il est essentiel de déclarer toute somme excédant le montant autorisé et de disposer des justificatifs bancaires nécessaires. Le non-respect de ces règles peut entraîner des sanctions sévères, y compris des peines d’emprisonnement et des amendes importantes.