L’Algérie interdit le transport de certaines races de bétail vers le nord du pays en prévision de l’Aïd al-Adha 2025 .quelles sont les raisons de cette décision, son impact sur les éleveurs et les consommateurs, ainsi que les mesures mises en place pour réguler le marché du mouton à l’approche de l’Aïd.
À l’approche de l’Aïd al-Adha 2025, les autorités algériennes prennent une mesure importante en interdisant le transport de bétail vers le nord du pays pour de certaines races. Cette décision vise à préserver la santé animale, réguler le marché du bétail et éviter la spéculation sur les prix des moutons destinés au sacrifice. Dans un contexte marqué par des difficultés économiques et une sécheresse persistante, cette interdiction suscite des réactions contrastées parmi les éleveurs et les consommateurs.
Interdiction du transport de bétail de la race Sidaoun et la race Derbani
La wilaya de Ouargla a récemment publié une directive interdisant le déplacement des moutons de race Sidaoun, des bovins de race Derbani et des buffles africains vers le nord de l’Algérie. Cette mesure a été prise suite aux recommandations de la Direction de l’agriculture de la wilaya et entre dans le cadre d’un dispositif de contrôle renforcé sur la circulation du bétail.
Pourquoi cette mesure d’interdiction ?
L’objectif principal de cette mesure est sanitaire et économique. Certaines races sont plus sensibles à des maladies pouvant se propager rapidement si elles ne sont pas contrôlées. En interdisant leur déplacement, le gouvernement veut éviter tout risque d’épidémie animale et protéger le cheptel national. Par ailleurs, cette restriction vise également à contrôler le marché du bétail en empêchant certaines pratiques spéculatives qui pourraient faire grimper les prix à l’approche de l’Aïd.
Quelles sanctions pour les contrevenants ?
Les autorités ont annoncé que tout contrevenant transportant ces animaux vers le nord s’exposera à des contrôles vétérinaires stricts. Si les animaux sont jugés non conformes sur le plan sanitaire, ils seront automatiquement envoyés à l’abattage et détruits. Cette mesure radicale vise à dissuader toute tentative de contournement de la loi.
Qui est concerné ?
L’interdiction s’applique aux éleveurs, commerçants et transporteurs de bétail. Des postes de contrôle routiers ont été renforcés pour surveiller les axes de circulation menant aux marchés à bétail des grandes villes du nord. Les forces de l’ordre, en collaboration avec les vétérinaires, seront chargées de faire respecter cette réglementation.
Un marché du bétail sous tension à l’approche de l’Aïd al-Adha 2025
Avec l’interdiction du transport de certaines races vers le nord, les éleveurs craignent une baisse des ventes dans certaines régions, tandis que les consommateurs espèrent une stabilisation des prix. En effet, l’approche de l’Aïd al-Adha est une période clé pour le marché du bétail en Algérie, où des millions de familles achètent un mouton pour le sacrifice rituel.
Quel impact sur les prix ?
L’une des préoccupations majeures des éleveurs est la répercussion de cette mesure d’interdiction sur les prix du bétail. Dans certaines wilayas, l’offre pourrait se retrouver artificiellement limitée, entraînant une flambée des prix dans les marchés du nord. À l’inverse, dans le sud, où l’élevage est plus abondant, une surcharge d’animaux disponibles pourrait provoquer une chute des prix et mettre en difficulté les producteurs locaux.
Un marché déjà sous pression
Depuis plusieurs années, la filière ovine algérienne subit les effets combinés de la sécheresse, du manque de fourrage et de la spéculation. Les éleveurs ont de plus en plus de mal à nourrir leurs bêtes, ce qui les pousse à vendre leur cheptel plus tôt que prévu, déséquilibrant ainsi l’offre sur le marché. Cette situation explique pourquoi le prix des moutons destinés à l’Aïd a explosé ces dernières années, atteignant parfois 60 000 DA par animal.
Une décision qui s’inscrit dans une stratégie plus large
L’interdiction du transport de bétail vers le nord ne vient pas seule. Elle s’inscrit dans une stratégie gouvernementale plus large visant à réorganiser et protéger la filière ovine.
- Soutien à l’élevage et au fourrage : Face au manque de pâturages, l’État algérien a mis en place plusieurs programmes d’aide aux éleveurs, notamment :
- Vente à prix réglementé d’orge et d’autres aliments pour bétail afin de réduire les coûts d’élevage.
- Développement des cultures fourragères, avec une augmentation de plus de 40 000 hectares de surfaces agricoles dédiées.
Les autorités vétérinaires ont également intensifié les campagnes de vaccination et de dépistage des maladies animales pour limiter les risques de propagation d’épidémies. Ces efforts visent à garantir un cheptel sain et conforme aux normes sanitaires.
Avec un marché du bétail déjà sous tension, cette mesure pourrait rééquilibrer l’offre et la demande ou, au contraire, accentuer les disparités régionales. L’avenir dira si cette interdiction est une solution efficace ou si elle devra être adaptée pour mieux répondre aux réalités du terrain.