Le change de devises interdit pour ces opérations en Algérie concerne désormais les frais de transport maritime liés à l’importation de véhicules. Cette nouvelle mesure vise à renforcer la régulation des réserves de devises du pays et à limiter les sorties de capitaux vers l’étranger.
Le 12 mars 2025, une circulaire émise par le gouvernement algérien a annoncé une mesure qui impacte directement les particuliers désireux d’importer des véhicules. Le change de devises interdit pour ces opérations concerne spécifiquement le financement des frais de transport maritime liés à l’importation de voitures. Désormais, les citoyens ne peuvent plus utiliser les réserves de devises nationales pour régler ces frais, à l’exception des opérateurs économiques qui, eux, peuvent bénéficier des réserves de change, même pour les transactions maritimes.
Cette décision s’inscrit dans une stratégie plus large visant à réguler l’utilisation de la monnaie étrangère dans le pays. Cependant, cette nouvelle règle n’est pas sans conséquences, des répercussions importantes pourraient s’abattre non seulement sur les particuliers, mais aussi sur le marché local des voitures par une augmentation significative des coûts de l’importation.
Avant cette mesure, les particuliers avaient la possibilité de recourir aux banques algériennes pour financer les frais de fret maritime en devises, comme l’euro ou le dollar. Ces opérations étaient possibles grâce aux réserves de devises du pays, un mécanisme qui, jusqu’ici, permettait d’effectuer des transactions directement via les banques locales. Cependant, avec cette nouvelle restriction, seules les entreprises et les opérateurs économiques pourront désormais accéder aux devises pour régler ces frais de transport.
Le contexte des restrictions sur le change de devises pour les particuliers
Cette mesure s’inscrit dans une démarche plus vaste de contrôle des devises étrangères en Algérie, un pays où les réserves de change sont un sujet de préoccupation constant. Selon les informations relayées par le quotidien arabophone « Echorouk » par la direction du Commerce extérieur concernant les contrôles régissant le paiement des frais de transport (FRET) par les intermédiaires de transport maritime pour le compte des particuliers important des véhicules, le gouvernement cherche à limiter les sorties de devises et à préserver l’équilibre économique.
Ainsi, la circulation de l’argent en devises, auparavant accessible pour les particuliers pour des besoins d’importation comme celui des voitures, est désormais stricte. Cette nouvelle réglementation s’inscrit dans un ensemble de réformes instaurées par le gouvernement algérien afin de réguler l’utilisation des réserves de devises et de réduire les sorties de capitaux à l’étranger.
Le décret en question a été élaboré suite à des préoccupations sur l’impact du financement des importations sur les réserves de change du pays. Le gouvernement algérien est particulièrement vigilant face aux déséquilibres commerciaux et cherche à protéger la monnaie locale en restreignant l’accès à la devise étrangère. En limitant l’usage de la monnaie étrangère, les autorités espèrent aussi favoriser les entreprises locales et stimuler la production nationale, réduisant ainsi la dépendance aux importations.
Change de devises interdit pour ces opérations : Quel impact sur les particuliers ?
L’impact direct de cette mesure sur les citoyens algériens désireux d’importer une voiture est évident, ils ne peuvent plus compter sur les banques nationales pour financer les frais de transport maritime en devises étrangères. Autrement dit, les particuliers qui souhaitent acheter une voiture à l’étranger doivent désormais se tourner vers d’autres solutions de financement. Plusieurs options sont disponibles, bien qu’elles viennent avec des coûts supplémentaires.
Le recours à des entreprises d’importation agréées est la première alternative proposée aux particuliers. Ces sociétés prennent en charge les démarches d’importation, y compris le paiement des frais de transport maritime. Toutefois, cette solution pourrait entraîner des frais supplémentaires pour les particuliers, ce qui, à terme, pourrait rendre l’importation de véhicules plus coûteuse.
La seconde alternative consiste à effectuer des paiements directement via des comptes bancaires situés à l’étranger. Cela permet aux importateurs particuliers de contourner les restrictions locales et de financer les opérations sans passer par les banques algériennes. Cependant, cette méthode comporte aussi son lot de complications, notamment les frais liés à la gestion des transactions internationales.
Les conséquences de cette mesure sur le marché de l’importation automobile
La restriction de l’utilisation des devises nationales pourrait également entraîner un ralentissement de l’importation de véhicules en Algérie. Si certains particuliers choisissent de renoncer à l’importation en raison de ces nouvelles difficultés, cela pourrait avoir un impact sur l’offre de véhicules sur le marché local, et les prix risquent d’augmenter, car les importateurs devront faire face à de nouveaux frais et à des contraintes supplémentaires.
De plus, il est probable que cette mesure affecte particulièrement les voitures importées de moins de trois ans, une catégorie très populaire parmi les acheteurs algériens. Bien que l’importation de ces véhicules n’ait pas été interdite par le gouvernement qui a récemment répondu aux questions des députés sur ce sujet, des mesures administratives plus strictes sont cependant mises en place, notamment en ce qui concerne la délivrance des cartes grises qui se poursuit depuis le 1er octobre 2024 au niveau municipal, jusqu’à ce que le ministère de l’Intérieur achève le contrôle des procédures administratives suivies pour l’importation de ces véhicules et de leur conformité, et jusqu’à ce que le contrôle des véhicules importés dans ce contexte soit achevé.
En effet, le gouvernement a précisé qu’il n’interdisait pas « l’importation de véhicules de moins de trois ans », mais que « La procédure se poursuit normalement pour les particuliers qui les utilisent à des fins personnelles ». Ces restrictions pourraient également freiner certains acheteurs potentiels, rendant l’accès aux véhicules plus compliqué et potentiellement plus cher.
L’objectif de cette mesure : une régulation plus stricte de la monnaie étrangère
Les autorités algériennes affirment que cette nouvelle mesure fait partie d’un plan plus large visant à maîtriser les réserves de devises et à réduire la fuite des capitaux à l’étranger. Ces efforts s’inscrivent dans une volonté de protéger l’économie nationale et d’assurer une utilisation plus rationnelle des devises disponibles. En renforçant les contrôles sur les transactions en devises, le gouvernement espère limiter les pressions sur les réserves de change, tout en soutenant le développement de l’industrie locale.
Si cette politique vise clairement à renforcer la régulation de l’utilisation des devises en Algérie, elle pourrait aussi signifier des coûts accrus pour les particuliers, qui devront désormais trouver des solutions de financement alternatives et potentiellement plus onéreuses pour leurs projets d’importation. Les autorités ont toutefois souligné qu’elles continueraient à surveiller l’évolution du marché pour ajuster les mesures en fonction des besoins économiques du pays.