Les pensions de retraite, essentielles pour assurer une vie décente aux retraités, sont régulièrement sujettes à des ajustements. Récemment, certains ont constaté une diminution de leur pension, malgré des revalorisations annoncées. Cette situation, bien que déconcertante, s’explique par plusieurs facteurs liés aux prélèvements sociaux et aux réformes en cours.
Les pensions de retraite en France sont soumises à divers prélèvements sociaux, notamment la Contribution sociale généralisée (CSG), la Contribution pour le remboursement de la dette sociale (CRDS) et la Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie (CASA).
Ces contributions sont recalculées chaque année en fonction du revenu fiscal de référence (RFR) du retraité. Ainsi, une variation du RFR peut entraîner une modification du taux de prélèvement, impactant directement le montant net perçu.
Par exemple, si le RFR d’un retraité dépasse un certain seuil, le taux de CSG appliqué peut augmenter, réduisant ainsi le montant net de la pension, et ce, malgré une revalorisation brute de celle-ci.
L’abattement fiscal de 10 % : une suppression envisagée qui inquiète les retraités
Actuellement, les retraités bénéficient d’un abattement fiscal de 10 % pour frais professionnels lors du calcul de leur impôt sur le revenu. Cet avantage fiscal allège leur charge fiscale. Cependant, des discussions récentes ont évoqué la possibilité de supprimer cet abattement pour les ceux aux revenus les plus élevés. Si cette mesure était adoptée, elle augmenterait l’impôt sur le revenu de nombreux d’entre eux, réduisant ainsi leur revenu net disponible.
Une proposition qui toucherait 30 % des retraités. Les organisations patronales, comme le Medef et la CPME, ont proposé d’aligner le taux de CSG sur celui des salariés, passant ainsi de 8,3 % à 9,2 %. Cette augmentation concernerait environ 30 % retraités, soit plus de 5 millions de personnes. Pour un couple percevant 4 000 € de pensions mensuelles, cela représenterait une baisse annuelle de 432 € du montant net perçu.
Les réformes des retraites complémentaires Agirc-Arrco
Les régimes de retraite complémentaire, tels que l’Agirc-Arrco, sont également soumis à des ajustements. En 2025, une revalorisation des pensions de 1,6 % a été actée, malgré une inflation de 1,8 %. Cette augmentation inférieure à l’inflation entraîne une érosion du pouvoir d’achat des retraités concernés. De plus, des discussions sont en cours concernant l’âge de départ à la retraite complémentaire, actuellement fixé à 62 ans. Une proposition prévoit de le relever progressivement pour atteindre 64 ans en 2030, alignant ainsi le régime complémentaire sur la réforme générale des adoptée en 2023.
Chaque début d’année, les prélèvements sociaux sur les pensions de retraite sont réévalués en fonction du revenu fiscal de référence (RFR) mentionné sur l’avis d’imposition. Ainsi, une augmentation du RFR peut entraîner une hausse des taux de prélèvements, tels que la CSG, la CRDS et la CASA, réduisant le montant net des pensions perçues.
Le système de retraite français est confronté à des défis démographiques et financiers majeurs. Le déséquilibre croissant entre le nombre de cotisants et de pensionnés met sous pression le modèle de solidarité intergénérationnelle. Des propositions, telles que la désindexation temporaire des retraites ou le gel des pensions, ont été évoquées pour maîtriser les dépenses publiques. Cependant, ces mesures sont politiquement sensibles et suscitent des débats au sein de la société.