Combien d’argent la diaspora a transféré vers l’Algérie en 2024 ? Chaque année, la diaspora algérienne envoie d’importantes sommes d’argent au pays, mais combien réellement ? Derrière les chiffres officiels, une autre réalité se cache, des transferts massifs échappant aux circuits classiques.
La réponse a la question du transfert d’argent par la diaspora semble évidente, mais entre chiffres officiels et transferts informels, une grande partie des fonds échappe aux statistiques, entre le transferts déclarés et le flux cachés, la réalité est bien plus complexe, découvrons ce que révèle et ce que cache le véritable flux financier de l’Algérie en 2024.
Combien d’argent la diaspora a transféré vers l’Algérie en 2024 ?
Les transferts de fonds effectués par la diaspora algérienne constituent une source de financement pour l’économie du pays. En 2024, les envois de devises vers l’Algérie ont atteint 1,94 milliards de dollars, selon les estimations de la Banque mondiale. Cependant, ce chiffre ne reflète qu’une partie des sommes réellement transférées, car une grande partie des fonds transitent par des circuits informels.
Depuis plusieurs décennies, les Algériens établis à l’étranger, notamment en France, jouent un rôle clé dans le soutien financier de leurs familles conservées au pays. Ces transferts permettent non seulement d’améliorer les conditions de vie des bénéficiaires, mais aussi de financer des projets personnels et d’alimenter l’économie locale.
Cependant, contrairement à d’autres pays de la région, une grande partie des envois de devises vers l’Algérie échappe aux circuits bancaires traditionnels. Ce phénomène s’explique par l‘écart important entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle, rendant plus avantageux l‘envoi d’argent par des voies informelles.
L’Algérie face aux autres pays de la région
Comparée aux autres nations du Maghreb et du monde arabe, l’Algérie reste en retrait en matière de transferts de fonds officiels. Voici un aperçu des montants reçus par certains pays en 2024 :
Voici le tableau comparatif des transferts de fonds reçus par les pays du Maghreb et du monde arabe en 2024 :
Pays | Montant des transferts (2024) |
---|---|
🇪🇬 Égypte | 22,7 milliards de dollars |
🇲🇦 Maroc | 12 milliards de dollars |
🇱🇧 Liban | 5,8 milliards de dollars |
🇯🇴Jordanie | 4,8 milliards de dollars |
🇾🇪 Yémen | 3,8 milliards de dollars |
🇹🇳 Tunisie | 2,8 milliards de dollars |
🇩🇿 Algérie | 1,94 milliard de dollars |
🇶🇦 Qatar | 1,5 milliard de dollars |
🇸🇩 Soudan | 1 milliard de dollars |
🇮🇶 Irak | 879 millions de dollars |
L’Algérie se positionne ainsi derrière la Tunisie et le Yémen, malgré une importante communauté algérienne expatriée., malgré une diaspora importante. Cette situation s’explique en partie par l’usage du massif des circuits informels, qui fausse les statistiques officielles.
L’impact des circuits informels sur les transferts de fonds vers l’Algérie
Le principal facteur déterminant la sous-estimation des transferts vers l’Algérie réside dans l’utilisation massive des circuits informels. En raison de la coexistence de deux taux de change, officiel et parallèle, la majorité des Algériens vivant à l’étranger préfère envoyer de l’argent via des réseaux non déclarés.
Par exemple, 1 000 euros envoyés par le circuit officiel permettent d’obtenir environ 143 957 dinars algériens , tandis que le même montant transféré via le marché noir rapporte près de 231 000 dinars . Face à une telle différence, il est logique que la diaspora privilégie les méthodes non officielles, ce qui fausse les statistiques officielles.
Les transferts de fonds dans un contexte mondial
À l’échelle internationale, les envois de fonds continuent d’augmenter. En 2024, l’Inde demeure le premier pays bénéficiaire avec 129,1 milliards de dollars reçus, suivis du Mexique ( 68,2 milliards ), de la Chine ( 48 milliards ), des Philippines ( 40,2 milliards ) et du Pakistan ( 33,2 milliards ).
Les États-Unis restent le premier pays émetteur de transferts avec 93 milliards de dollars envoyés en 2023 , suivis des Émirats arabes unis ( 38,5 milliards ), de l’Arabie saoudite ( 38,4 milliards ), de la Suisse ( 37 milliards ) et de l’Allemagne ( 21 milliards ).
La Banque mondiale prévoit une augmentation de 4,3 % des transferts de fonds vers la région MENA en 2025, notamment grâce à la réduction des coûts d’envoi et à la stabilisation des taux de change dans certains pays. Toutefois, en Algérie, tant que l’écart entre le taux officiel et le marché noir persistera, une grande partie des transferts continuera d’échapper aux circuits officiels.
Bien que les transferts de fonds vers l’Algérie soient estimés à 1,94 milliards de dollars en 2024, la réalité est bien différente. L’importance des circuits informels rend difficile l’évaluation précise des montants réellement envoyés par la diaspora, qui pourraient être bien supérieurs aux chiffres annoncés.
Les transferts d’argent par la diaspora les années précédentes
Les transferts de fonds vers l’Algérie ont connu des fluctuations au fil des années, principalement en raison des variations économiques mondiales et des politiques monétaires locales.
Les 1,94 milliards de dollars transférés effectivement vers l’Algérie en 2024 s’inscrivent dans une tendance fluctuante enregistrée ces dernières années. Bien que ce chiffre représente une légère augmentation par rapport aux années précédentes, il reste loin des records atteints par le passé.
Depuis 2014, où les envois de fonds avaient atteint un pic historique de 2,45 milliards de dollars , les transferts ont progressivement diminué. Entre 2018 et 2019 , ils s’établissaient autour de 1,9 milliard de dollars , avant de reculer légèrement en 2022 avec 1,8 milliard de dollars . En 2023 , on observe une reprise modérée avec 1,868 milliards de dollars , soit une hausse de 68 millions par rapport à l’année précédente.
Cette évolution illustre l’impact des politiques monétaires et des dynamiques économiques globales sur les flux financiers des migrants algériens. Elle met aussi en lumière le poids croissant du marché informel , qui capte une part significative des transferts, notamment ainsi que les montants enregistrés.
En 2024, malgré une progression des envois de fonds, l’Algérie reste loin derrière ses voisins comme le Maroc (12 milliards de dollars) ou la Tunisie (2,8 milliards de dollars) . Cette situation soulève des questions sur la nécessité de réformes économiques et bancaires afin d’encourager l’utilisation des circuits.
Le recul des transferts officiels ces dernières années est principalement dû à l’essor du marché noir, qui offre un taux de change bien plus avantageux que le taux officiel. Ce phénomène empêche une évaluation précise des montants réels envoyés par la diaspora, qui pourraient être bien supérieurs aux chiffres annoncés.