Le taux de change entre l’euro et le dinar algérien fluctue régulièrement. Cette variation affecte directement le taux d’un billet de 100 euros en dinars algériens et alimente plus cette variation. Le marché des devises est très important, qu’il soit officiel ou au parallèle. Si vous voulez savoir le taux de change à ce moment, voici un tour d’horizon.
La manière dont on évalue une devise n’est pas d’une grande simplicité à l’analyse, en raison d’un ensemble d’éléments, notamment, les politiques économiques, les taux d’intérêts, les conjonctures géopolitiques, etc., qui se combinent dans des contextes fluctuants. La question du rapport de la monnaie algérienne, le dinar, à l’euro s’avère encore davantage complexe dans le pays qui fait face à un double marché des devises, le marché des devises officiel et le marché parallèle, conduisant à des inévitables écarts d’une même somme d’argent, suivant le lieu de conversion où vous effectuez votre transaction.
Taux de change officiel du billet de 100 euros en dinar algérien
Ce 2 avril 2025, le taux de change officiel entre l’euro et le dinar algérien est fixé à 144,35 DA pour 1 euro, ce qui signifie qu’un billet de 100 euros vous rapporterait environ 14 435 DA s’il est échangé dans les circuits bancaires ou financiers agréés par l’État. Ce taux dépend et est fortement impacté par les politiques monétaires mises en œuvre par le gouvernement algérien, visant à réduire la volatilité de la monnaie nationale tout en préservant une relative stabilité.
Cependant, ce taux de change pourrait ne pas être le meilleur si vous devez changer votre argent en urgence. En effet, ce taux officiel est souvent désavantagé par rapport à celui qui est pratiqué sur le marché parallèle. En réalité, dans certaines situations, la différence peut être importante.
Marché parallèle : un billet de 100 euros vaut plus cher
Sur le marché parallèle des devises, souvent appelé « marché noir » ou « marché informel » situé au square Port-Saïd, la valeur de 100 euros en dinars algériens peut atteindre des niveaux bien plus élevés. Par exemple, au 30 mars 2025, un billet de 100 euros était échangé à environ 25 250 DZD, soit plus du double du taux officiel.
Malgré une légère baisse, mais non négligeable, du taux de change au niveau du marché noir des devises pour cette journée où l’euro à l’unité s’échange à 250 DA à l’achat, soit 25 000 DA pour 100 euros, et 252 DA à la vente, soit 25 200 DA pour 100 euros, cette différence peut paraître frappante et pose la question de la régulation du marché des devises en Algérie.
Les raisons de cette différence sont pluriels. D’abord, l’offre et la demande sur le marché parallèle sont moins soumises au même contrôle que sur le marché officiel. Ensuite, la restriction des transactions en devises étrangères dans les circuits formels entraîne bon nombre de personnes vers les circuits informels pour acheter ou vendre de la monnaie de paiements, ce qui favorise l’augmentation des prix au niveau du marché noir des devises.
Les raisons des différences de taux de change.
Les causes de l’écart important entre le taux de change officiel et celui du marché parallèle sont bien connues. D’abord, l’Algérie, sous le contrôle strict du pouvoir sur la monnaie et les opérations de change, notamment pour limiter les sorties des capitaux et protéger la valeur du dinar. Les autorités algériennes veulent, par l’intermédiaire de la Banque d’Algérie, contrôler l’impact de ces variations dans le temps pour limiter l’inflation de la monnaie locale qui pourrait avoir un effet délétère sur le pays.
La crise de liquidités qui touche le pays depuis plusieurs années a également un effet sur la demande de devises. Les investisseurs, les entreprises et même les citoyens cherchent à se protéger de l’incertitude économique et se tournent donc vers l’euro devenu une valeur refuge. Cela renforce la pression sur le marché des devises et accroît l’écart entre le taux de change officiel et le taux de change parallèle.
Allocation touristique de 750 euros et bureaux de change
Un développement important dans la gestion des devises en Algérie est l’introduction de l’allocation touristique. Prévue pour la mi-avril 2025, cette allocation permettra aux citoyens algériens de bénéficier d’une somme de 750 euros par an pour financer leurs voyages à l’étranger. Pour l’heure, le ministre des Finances n’a pas encore donné plus de précisions quant à la date exacte de son entrée en vigueur. Cette mesure vise à rendre les devises plus accessibles aux voyageurs tout en régulant les sorties de devises pour des motifs touristiques, professionnels, dans le cadre des études ou de santé. Bien qu’elle puisse favoriser l’accès à l’euro pour les Algériens, elle risque également d’avoir un impact sur la demande en devises sur le marché informel.
En parallèle, le gouvernement a pris la décision d’ouvrir des bureaux de change dans les aéroports, dans les ports et aux postes frontaliers, dans un souci de transparence et de commodité pour les usagers, notamment les voyageurs étrangers et les Algériens qui passent par ces points de passage, où ils peuvent plus facilement accéder aux devises étrangères. Ces mesures pourraient contribuer à réduire l’écart entre les taux de change parallèle et officiel, tout en permettant à ceux qui le souhaitent d’accéder plus facilement à l’euro, notamment les voyageurs qui ont besoin de cette devise pour leurs déplacements.
L’impact sur les Algériens et les étrangers
Les écarts de taux de change ont des répercussions significatives tant pour les Algériens envisageant de voyager à l’étranger que pour les touristes étrangers en visite en Algérie. Pour ces derniers, en particulier, la différence entre l’achat d’euros sur le marché officiel ou parallèle peut affecter sensiblement leur budget de voyage. De même, les Algériens qui souhaitent faire des achats en ligne ou voyager à l’étranger se retrouvent à devoir gérer la fluctuation de la valeur de leurs économies selon les canaux de conversion qu’ils choisissent.
Les responsables économiques du pays sont bien informés et cherchent régulièrement à normaliser le marché des devises, en favorisant l’utilisation des cartes bancaires et en mettant en place des dispositifs pour restreindre les paiements en espèces. Néanmoins, la situation reste complexe, le grand écart entre les taux de change officiel et informel semble s’inscrire dans une durée non évaluée pour le moment et qui ne semble pas près de disparaître.
Ainsi, l’avenir du change du billet de 100 euros en dinar algérien demeure incertain, tant qu’une stabilité durable des facteurs politiques et économiques n’est pas assurée. En attendant, il est essentiel pour ceux qui souhaitent convertir des euros en dinars algérien de suivre l’évolution quotidienne des taux et de se montrer vigilants dans le choix de leurs options de change.