La date de l’Aid el-Fitr 2025 reste un sujet de débat parmi les astronomes et les autorités religieuses. Alors que certains prévoient le 31 mars, d’autres anticipent le 30 mars. La question de la détermination de cette date suscite des divergences, entre calculs astronomiques et observations traditionnelles.
Les musulmans attendent avec impatience la fin du mois de Ramadan pour célébrer l’Aid el-Fitr. Toutefois, déterminer le jour exact de la fête n’est pas une tâche simple. Il existe deux grandes approches, la méthode traditionnelle, basée sur l’observation du croissant lunaire, et la méthode moderne, qui repose sur les calculs astronomiques. Pour l’Aid el-Fitr 2025, cette distinction pourrait conduire à des dates différentes selon les pays.
Les calculs astronomiques prévoient que la naissance du croissant lunaire n’aura pas lieu avant le 31 mars 2025. Selon Centre international d’astronomie (CIA), il sera impossible d’observer le croissant le 29 mars, date généralement associée à la « nuit du doute ». Cette date est donc confirmée comme la première journée de l’Aid dans plusieurs pays utilisant les calculs scientifiques pour établir la fin du mois de Ramadan.
Ces déclarations ont suscité un débat chez certains observateurs. Suite aux remarques émises par ces derniers, le Centre international d’astronomie situé à Abu Dhabi, aux Emirats Arabes Unisa indiqué dans un communiqué publié ce mercredi 26 mars sur X que ce qui semble être un désaccord parmi les astronomes sur la date de l’Aïd al-Fitr découle en réalité des différences entre les autorités officielles quant à l’annonce du début des mois lunaires. Le centre a précisé que la détermination de la date de l’Aid incombe aux autorités compétentes, et non aux astronomes.
Le CIA a indiqué aussi que « la fonction des astronomes se limite à fournir des données scientifiques en rapport avec l’observation du croissant lunaire et la possibilité de le voir », et rajoute que « Il a été observé que certains astronomes et juristes dépassent parfois leurs prérogatives à ce sujet » ce qui provoque une confusion concernant le processus de détermination du début du mois lunaire. Le centre a précisé que la déclaration du commencement des mois lunaires est une prérogative officielle, alors que la tâche des astronomes se résume à fournir des informations scientifiques sur la faisabilité d’observer le croissant lunaire.
Date de l’Aid el-Fitr 2025 : L’anticipation des astronomes
Le 31 mars 2025 semble être la date la plus probable pour l’Aid selon les calculs du Centre international d’astronomie, qui a indiqué le 20 mars dernier que l’observation du croissant lunaire le 29 mars serait techniquement impossible, que ce soit à l’œil nu ou à l’aide de télescopes spécialisés. Par conséquent, le premier jour de l’Aid serait fixé pour la journée du 31 mars prochain.
Cependant, cette prévision ne fait pas l’unanimité, notamment en raison de la méthode plus traditionnelle utilisée dans les pays musulmans. L’association algérienne d’astronomie Sirius a exprimé des préoccupations concernant l’observation de la lune dans des pays comme l’Arabie Saoudite. L’association craint que des déclarations prématurées sur l’observation du croissant lunaire puissent provoquer des divergences dans les dates de l’Aid au sein du monde musulman.
Les divergences sur la méthode d’observation
L’Algérie, tout comme d’autres pays, suit la tradition qui privilégie l’observation directe du croissant lunaire. Cela peut conduire à un décalage avec les prévisions astronomiques, surtout lorsque l’observation réelle du croissant lunaire s’avère difficile. Dans ce contexte, certains experts craignent que des erreurs d’observation entraînent un effet domino, où les autres pays pourraient adopter la même date, comme ce fut le cas par le passé.
L’Institut national d’astronomie égyptien, par exemple, avait estimé le 9 mars dernier que l’observation du croissant lunaire serait possible le 29 mars, avançant ainsi le premier jour de l’Aïd au 30 mars. Cette différence d’opinions sur la possibilité de voir la lune montre la complexité de la situation, où la science et la tradition se heurtent.
Le Centre international d’astronomie (CIA) a fourni des informations détaillées sur la visibilité du croissant lunaire le 29 mars 2025. Voici ces prévisions pour plusieurs villes à travers le monde :
— À Jakarta, le croissant de lune aura déjà disparu avant le coucher du soleil, rendant ainsi toute observation impossible.
— À Muscat, le croissant de lune aura un âge de 1 heure et 48 minutes au moment du coucher du soleil, à seulement 1,5° de la position du soleil.
— À la Mecque, le croissant de lune aura 3 heures et 28 minutes d’âge, mais sa position par rapport au soleil (2,2°) rendra son observation extrêmement difficile.
— À Amman et Jérusalem, la visibilité sera également impossible avec un croissant de lune âgé de 3 heures et 55 minutes et à une distance de 2,3° du soleil.
— Au Caire, le croissant de lune aura 4 heures et 17 minutes d’âge et sera à 2,4° du soleil, rendant son observation irréalisable.
— À Rabat, bien que l’âge du croissant de lune atteigne 8 heures et 5 minutes, il sera à seulement 3,8° du soleil, ce qui rend la vision peu probable.
— À Amsterdam, la capitale des Pays-Bas, la lune se couche 24 minutes après le coucher du soleil, son âge est de 06 heures et 49 minutes, et sa distance au soleil n’est que de 3,5 degrés. Avec cette position similaire, l’observation sera donc difficile, même avec des télescopes.
Une confusion possible dans les célébrations mondiales
Le débat sur la date de l’Aid el-Fitr 2025 ne se limite pas à de simples calculs astronomiques ou à une observation du croissant lunaire. Il touche également des questions plus profondes liées aux traditions et à la cohésion de la communauté musulmane. Si certains pays suivent strictement les calculs, d’autres restent fidèles à l’observation visuelle, ce qui pourrait entraîner des célébrations à des dates différentes. Ce phénomène de décalage est souvent amplifié par l’influence de pays à forte population musulmane, comme l’Arabie Saoudite, dont la décision impacte beaucoup d’autres nations.
Les tensions entre la méthode traditionnelle et celle plus scientifique révèlent une dynamique complexe dans le monde musulman, où les communautés sont parfois confrontées à des dates contradictoires pour une même fête religieuse. Ce phénomène de diversité dans la détermination de la date de l’Aïd el-Fitr 2025 est un exemple frappant de la manière dont les progrès scientifiques et les coutumes religieuses peuvent entrer en conflit.