La nouvelle allocation de voyage à 750 euros sera-t-elle annulée en Algérie ? La question se pose alors que la baisse des prix du pétrole et les incertitudes géopolitiques menacent l’économie algérienne.
Le gouvernement algérien a annoncé la mise en place d’une nouvelle allocation touristique de 750 € pour les adultes, et de 300 € pour les mineurs, destinée à soutenir les Algériens qui se rendent à l’étranger. Cette mesure, largement attendue par la population, devait entrer en vigueur à la fin du mois de mars 2025 recalée au début de la saison estival. Cependant, le récent plongeon des prix du pétrole, les taxes Trump sur les exportations accompagné d’une politique commerciale internationale incertaine, soulève des questions sur la viabilité de cette allocation. Analysons les facteurs susceptibles d’influencer l’application de cette mesure en Algérie.
Une allocation touristique en période de turbulences économiques
La promesse de cette allocation touristique a été faite par le gouvernement algérien pour stimuler les voyages à l’étranger, après une période de restrictions financières dues à la crise économique. Le ministre des Finances, Abdelkrim Bouzerd, avait confirmé la mise en œuvre de cette mesure pour la mi-avril 2025. Cependant, la situation économique mondiale semble de plus en plus instable, ce qui amène à se demander si l’Algérie pourra maintenir cet engagement.
La baisse rapide des prix du pétrole, avec une chute de près de 10 dollars en l’espace de quatre jours à la fin mars, a agité les marchés et suscité des inquiétudes. L’Algérie, qui dépend à 90% de ses exportations d’hydrocarbures, pourrait voir ses revenus diminuer, réduisant ainsi sa capacité à maintenir cette allocation. Mais l’État semble prêt à honorer sa promesse, du moins à court terme.
La nouvelle allocation de voyage à 750 euros sera-t-elle annulée ?
Selon Brahim Guendouzi, professeur d’économie à l’Université de Tizi-Ouzou, deux raisons majeures expliquent pourquoi l’allocation touristique de 750 € devrait être appliquée malgré les pressions économiques :
- La crédibilité du gouvernement : Après avoir fait cette promesse, les autorités algériennes ont tout intérêt à tenir leur engagement pour maintenir la confiance de la population. Annuler cette mesure risquerait d’entacher leur crédibilité.
- Les réserves de change : Actuellement estimées à environ 70 milliards de dollars, les réserves de change de l’Algérie sont suffisantes pour absorber la charge financière de cette allocation, malgré la baisse des prix du pétrole. Ce montant permettrait de soutenir l’économie pendant quelques années sans mettre en péril la stabilité monétaire.
L’évaluation de la situation à la fin de 2025
L’année 2025 se profile comme un tournant décisif pour l’Algérie, un moment où des ajustements stratégiques seront nécessaires face à des bouleversements économiques et géopolitiques majeurs. Selon Brahim Guendouzi, professeur d’économie, cette évaluation se fera à la fin de l’année, en fonction de l’évolution de la conjoncture mondiale, marquée par des phénomènes comme l’inflation, les guerres commerciales, les risques de récession, la chute brutale des cours du pétrole et les tensions géopolitiques.
Trois grands facteurs seront déterminants pour l’économie algérienne en 2025 :
- Les stratégies géopolitiques mondiales et leurs impacts sur l’Algérie : Le climat mondial est de plus en plus marqué par des stratégies de rupture, avec des conflits qui risquent d’avoir des répercussions directes ou indirectes sur l’Algérie. Ces tensions peuvent perturber les chaînes d’approvisionnement et affecter les relations économiques de l’Algérie avec le reste du monde.
- Les conflits géopolitiques et leurs effets sur les ressources énergétiques : Le conflit russo-ukrainien continue d’affecter l’approvisionnement mondial en énergie, notamment le gaz naturel. À cela s’ajoute la déstabilisation permanente du Moyen-Orient, notamment avec les événements à Gaza et en Syrie, qui influencent directement l’offre de pétrole. Ces crises géopolitiques créent un climat d’incertitude qui pourrait impacter gravement les exportations d’hydrocarbures de l’Algérie, pilier de son économie.
- Les conséquences de la politique commerciale de Donald Trump : La nouvelle politique tarifaire de l’administration Trump, accompagnée de mesures protectionnistes et de droits de douane supplémentaires, pourrait bouleverser l’équilibre du commerce multilatéral. Les ripostes des pays concernés risquent de fragiliser davantage les échanges commerciaux mondiaux, exacerbant ainsi la crise dans un système déjà sous pression.
En somme, l’année 2025 sera marquée par une turbulence géopolitique et économique mondiale, et l’Algérie devra naviguer avec précaution pour préserver sa stabilité économique face à ces nombreux défis. Les décisions stratégiques prises cette année seront déterminantes pour l’avenir du pays.
Si l’Algérie maintient cette allocation touristique pour 2025, une réévaluation de la situation économique est prévue pour la fin de l’année. Cette période charnière sera cruciale pour décider des ajustements à apporter à la politique économique du pays.
Quelles perspectives pour l’allocation touristique ?
Le professeur Guendouzi reste optimiste quant à la mise en œuvre de l’allocation, à condition que la situation des réserves de change reste stable. Toutefois, une éventuelle baisse des exportations d’hydrocarbures pourrait inciter le gouvernement à ajuster ses priorités financières. La fin de l’année 2025 pourrait donc marquer un tournant dans la politique économique du pays, avec des révisions possibles des allocations et autres mesures de soutien.
En conclusion, bien que des incertitudes planent sur l’avenir économique mondial, l’Algérie semble déterminée à appliquer la nouvelle allocation touristique de 750 €, du moins à court terme. L’évaluation de cette politique économique se fera au fil de l’année 2025, une année clé pour ajuster les stratégies du gouvernement en fonction de l’évolution des prix du pétrole, des réserves de change et des tensions géopolitiques mondiales. Le maintien de l’allocation dépendra de la capacité du pays à naviguer dans un environnement économique incertain.