Le square Port-Said d’Alger est un lieu central pour l’échange de devises en Algérie, où le marché parallèle des changes détermine la valeur des principales monnaies étrangères. Ce jeudi 3 avril, le prix de l’euro a connu une hausse, bien que légère, elle reste cependant importante attirant l’attention des observateurs économiques.
Le square Port-Said, lieu incontournable du marché parallèle des devises, ne cesse de jouer un rôle majeur dans la détermination des taux de change des principales monnaies étrangères en Algérie. Ce marché est un baromètre essentiel de l’économie informelle, offrant une fenêtre sur la valeur réelle du dinar algérien face à des devises comme l’euro, le dollar ou la livre sterling. Ce jeudi 3 avril, les cambistes du square ont enregistré une hausse de l’euro, qui est passé à 251 dinars algériens à l’achat et 254 à la vente, une situation qui mérite d’être analysée dans le contexte économique actuel du pays.
Le square Port-Said d’Alger est bien plus qu’un simple lieu d’échange de devises. C’est un marché où se rencontre une grande variété d’acheteurs et de vendeurs, notamment des particuliers et des commerçants, mais aussi des acteurs plus institutionnels, qui jouent un rôle crucial dans la fixation des valeurs des monnaies en circulation. Ce marché parallèle, est le Forex algérien, il détermine non seulement les taux de change, mais reflète aussi les tensions économiques internes, les décisions politiques du gouvernement et les fluctuations mondiales.
Square Port-Said d’Alger vs marché officiel
Le marché des changes au square Port-Said représente un secteur vital pour l’économie algérienne. Ce marché informel sert de point de rencontre pour les devises étrangères, notamment l’euro, le dollar américain, la livre sterling et d’autres monnaies. Il est devenu une sorte de régulateur non officiel des taux de change, bien que ce marché ne soit pas encadré par les autorités monétaires du pays.
La récente fluctuation du taux de l’euro au square Port-Said est symptomatique des tensions économiques internes et externes. En effet, après une baisse temporaire, l’euro est repassé à 251 dinars algériens à l’achat et 254 à la vente, un phénomène qui a attiré l’attention des observateurs économiques. Ce changement intervient dans un contexte où beaucoup s’attendaient à une stabilisation, voire une baisse sous les 250 dinars algériens, en raison de l’application imminente de la nouvelle allocation touristique. Le ministre des Finances a annoncé qu’à partir de la mi-avril, cette allocation sera de 750 euros pour les adultes et de 300 euros pour les enfants, un facteur censé entraîner une légère régulation des flux de devises.
Cependant, ce que l’on observe actuellement est une situation opposée. En effet, l’euro a gagné en valeur. Le taux de change est ainsi passé de 250 dinars à 251 dinars pour l’achat, et de 252 à 254 dinars pour la vente, en l’espace de 24 heures. Cette hausse soulève plusieurs interrogations sur l’impact de la politique économique du pays, sur l’offre et la demande de devises et sur l’état de l’économie informelle.
De son côté, le billet vert affiche également une hausse comparée à ses cours des jours précédents. Un dollar américain s’échange, en effet, ce 3 avril contre 238 dinars algériens à l’achat, soit 23.800 dinars algériens pour 100 dollars américains, et à 241 dinars algériens à la vente, soit 24 100 dinars algériens pour 100 dollars américains. De même pour la livre sterling, comparativement à la journée du 31 mars, la GBP passe de 297 DA à 300 DA à l’achat, soit une augmentation de 3 DA, et passe de 300 DA à 304 DA à la vente, soit une augmentation de 4 DA.
Devises | Marché officiel | Marché noir | ||
Achat | Vente | Achat | Vente | |
Euro (€) | 133,812 | 144,511 | 251 | 254 |
Dollar US ($) | 172,784 | 133,812 | 238 | 241 |
Livre Sterling (₤) | 93,529 | 172,784 | 300 | 304 |
Dollar CAN ($C) | 151,303 | 93,529 | 158 | 162 |
Franc suisse (CHF) | 18,403 | 151,303 | 260 | 266 |
Yuan chinois (CNY) | 36,431 | 18,403 | 30 | 33 |
Dirham EAU (AED) | 93,529 | 36,431 | 62 | 64 |
Dinar tunisien (TND) | 43,001 | 43,001 | 74 | 76 |
Riyal Saoudien (SAD) | 35,671 | 35,671 | 61 | 144 511 |
La hausse de la monnaie anglaise affiche une augmentation notable. Quant au dollar canadien, le taux de change est resté stable, il continue d’être échangé à 158 DA à l’achat et 152 à la vente.
Sur le marché officiel, l’euro affiche de légères fluctuations. Pour la journée du 3 avril, la monnaie européenne s’échange à 144,511 DA, soit une baisse de 0,118 DA. Le dollar américain s’échange à 133,812 DA enregistrant une légère hausse de 0,052 DA. Quant à la livre sterling, elle s’échange à 172,784 DA avec une légère baisse de 0,156 DA, le dollar canadien s’échange à 93,529 DA affichant une hausse de 0,553 DA.
Facteurs déterminants de l’évolution du taux de l’euro
L’élévation du taux de l’euro au square Port-Said peut être rattachée à un certain nombre de facteurs interconnectés. Le principal d’entre eux est l’annonce de l’octroi de l’allocation touristique, qui est censée engendrer une augmentation des besoins en devises, au premier rang desquelles figure l’euro, permettant d’acheminer les touristes à l’étranger, ce qui a engendré une sur demande d’euros, et donc indirectement, une élévation du taux au marché noire des devises .
En outre, la configuration des prix des matières premières (hydrocarbures notamment), les modalités de gestion des réserves de change du pays jouent également un rôle primordial dans la détermination des taux de change. Lorsque le pays manque de devises sur le marché officiel, le recours aux circuits parallèles, comme celui du square Port-Said, devient de plus en plus fréquent.
Le manque de liquidité sur le marché officiel, exacerbé par les tensions géopolitiques et économiques, fait que la majorité des transactions de devises passent depuis fort longtemps par ces circuits informels, où les cambistes fixent les prix en fonction de l’offre et de la demande.

Guerre des devises et conséquences sur le dinar algérien
La variation des cours des principales monnaies comme l’euro et le dollar, comme il a été souligné plus haut, n’est pas juste un fait isolé, la guerre des devises entre les grandes puissances économiques du monde, principalement les États-Unis et l’Union européenne, influe également sur le marché algérien. Des fluctuations qui peuvent paraître légères, mais qui impactent pourtant considérablement l’économie du pays, notamment sur la valeur du dinar algérien.
Une dévaluation du dollar et de l’euro pourrait théoriquement profiter au dinar algérien, en réduisant la pression sur sa valeur. En effet, le dinar est directement lié à ces deux devises sur les marchés international et parallèle. Mais il faut nuancer cette dynamique, si la baisse de l’euro et du dollar entraîne une diminution du prix des importations en Algérie, elle peut aussi alimenter l’inflation, affectant ainsi les consommateurs algériens.
Le rôle des réserves de change et de la politique monétaire
Dans ce contexte, la politique monétaire du gouvernement algérien tient une place centrale. En effet, la Banque d’Algérie est en charge de la stabilisation de la monnaie nationale qu’elle doit préserver au milieu des aléas de l’économie mondiale. Par exemple, une dépréciation simultanée de l’euro et du dollar américains pourrait alléger l’impact dépréciatif de la devise sur la monnaie nationale, mais cela n’exclurait pas de faire remonter les prix à la consommation des biens importés, à commencer par l’alimentaire et l’électronique.
L’insuffisance des réserves de change et les difficultés d’accès à ces dernières sur le marché officiel poussent de très nombreux Algériens à recourir à des marchés non officiels, comme celui du square Port-Said, pour acquérir des devises. Ce phénomène accentue les inégalités économiques et complique la gestion des taux de change.
Une dynamique de marché noir des devises
Le marché noir des devises, notamment le square Port-Said, est une institution majeure de l’économie algérienne. Les cambistes du square jouent un rôle stratégique, en fixant des taux qui n’obéissent pas toujours aux critères de la réalité économique officielle. Les autorités algériennes ont tenté à plusieurs reprises de réguler ce marché, mais en l’absence de réformes profondes, il reste la source de nombreuses spéculations.
En ce moment, l’augmentation de l’euro et du dollar au square Port-Said s’inscrit dans cette dynamique. La demande pour les devises étrangères demeure forte, ce qui entraîne des hausses successives des taux de change.
Le square Port-Said d’Alger, avec son marché parallèle animé, est resté un observatoire des fluctuations économiques mondiales et locales. Alors que l’Algérie s’achemine vers de nouveaux défis économiques, les cambistes et acteurs du marché des changes continuent de remplir un rôle essentiel dans l’influence des valeurs monétaires du pays. La situation reste en perpétuel mouvement, et les avancées à venir pourraient avoir des implications significatives sur l’économie du pays.