Les usagers des transports en commun d’Île-de-France devront bientôt faire encore plus attention à la validation de leur titre de transport. À partir de 2025, le montant des amendes liées au Pass Navigo et aux infractions dans le réseau RATP va connaître une hausse significative.
Une mesure qui s’inscrit dans une stratégie de lutte contre la fraude et d’équilibre financier du réseau de transports francilien. Actuellement, les sanctions varient entre 35 et 60 euros selon la nature de l’infraction. À partir de l’année prochaine, ces montants seront uniformisés à hauteur de 70 euros. Une hausse qui vise à renforcer la dissuasion et à limiter le manque à gagner pour la régie des transports.
Par ailleurs, l’oubli de validation du Pass Navigo dans les bus et tramways, une faute courante parmi les voyageurs réguliers, verra également son amende multipliée par trois. Ce type d’infraction, actuellement sanctionné par une pénalité de 5 euros, coûtera dorénavant 15 euros. Un changement qui risque de surprendre de nombreux usagers habitués à une certaine tolérance.
Pourquoi le montant des amendes va augmenter ?
Cette augmentation des amendes s’inscrit dans une refonte plus large du système tarifaire des transports en Île-de-France. Depuis janvier 2025, les prix ont été ajustés pour refléter l’inflation et les besoins croissants de financement du réseau. Le Pass Navigo, qui permet un accès illimité aux transports de la région, coûte désormais 88,80 euros par mois, contre 86,30 euros en 2024.
Les titres unitaires ont également été révisés, avec un ticket de métro ou de RER désormais fixé à 2,50 euros, et un billet de bus ou de tramway à 2 euros. Des changements qui s’accompagnent d’une politique plus stricte en matière de validation et de contrôle.
L’augmentation des amendes va de pair avec une intensification des contrôles dans les transports en commun. La RATP et Île-de-France Mobilités comptent renforcer les effectifs de contrôleurs et multiplier les opérations de contrôle inopinées. L’objectif est clair : réduire le taux de fraude qui, selon certaines estimations, représenterait un manque à gagner de plusieurs centaines de millions d’euros chaque année.
L’instauration de portiques supplémentaires dans certaines stations stratégiques est également à l’étude afin de limiter le phénomène des « portillons volants », une pratique qui consiste à passer derrière un autre usager sans valider son titre de transport.
Un enjeu financier pour Île-de-France Mobilités
La hausse des amendes s’explique aussi par un besoin accru de financement pour le réseau francilien. Avec une augmentation constante du nombre de voyageurs et des coûts d’exploitation en hausse, Île-de-France Mobilités cherche à garantir la viabilité du système de transport public.
Les recettes issues des amendes constituent une source non négligeable de revenus pour compenser une partie du déficit lié à la fraude. D’autant que l’exploitant doit également financer l’entretien et l’amélioration des infrastructures, ainsi que l’extension du réseau, notamment avec le Grand Paris Express en chantier.
Quel impact pour les usagers ?
Si cette mesure vise avant tout les fraudeurs, elle pourrait également impacter les voyageurs occasionnels ou distraits. L’oubli de validation du Pass Navigo, par exemple, peut arriver facilement, notamment dans les bus où le contrôle n’est pas systématique à l’entrée.
Certains usagers regrettent d’ailleurs que ces hausses ne s’accompagnent pas d’une amélioration notable du service. En effet, malgré l’augmentation des tarifs et des amendes, les problèmes récurrents de retards, de pannes ou de saturation des rames demeurent une source de frustration pour de nombreux Franciliens.
Avec ces nouvelles règles, Île-de-France Mobilités espère non seulement réduire la fraude mais aussi inciter les usagers à être plus attentifs à la validation de leurs titres. Certains envisagent déjà d’opter pour des alternatives comme les tickets dématérialisés sur smartphone, qui évitent l’oubli de validation.