Le projet du gazoduc transsaharien, une infrastructure stratégique reliant le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger, prend une dimension plus concrète en 2025. Cette coopération trilatérale entre les trois pays se renforce avec des engagements fermes, marqués par des réunions cruciales et des accords déterminants.
Le projet du gazoduc transsaharien est sur le point de devenir l’une des infrastructures énergétiques les plus ambitieuses du continent africain. En ce mois de février 2025, l’Algérie, le Niger et le Nigéria ont franchi une étape décisive dans la réalisation du projet stratégique du gazoduc transsaharien (TSGP). L’objectif est de transporter du gaz naturel du Nigeria vers l’Europe en traversant le Niger et l’Algérie sur une longueur d’environ 4 128 kilomètres, une infrastructure commune d’une portée inédite. L’investissement est évalué à 13 milliards de dollars et la capacité annuel de cette infrastructure sera de 30 milliards de mètres cubes de gaz.
Lors de la 4ème réunion ministérielle du comité d’orientation du projet du gazoduc transsaharien (TSGP), qui s’est tenue, hier, mardi 11 février, au Centre international des conférences d’Alger (CIC), les ministres des trois pays, à savoir le ministre d’État, ministre de l’Énergie, des Mines et des Énergies renouvelable, Mohamed Arkab, le ministre d’État des Affaires du pétrole, chargé des Ressources en gaz du Nigeria, Ekperikpe Ekpo et le ministre du Pétrole du Niger, Sahabi Oumarou, se sont retrouvés pour discuter de la mise en œuvre de la feuille de route adoptée lors de la dernière réunion à Abuja (Nigeria).
Cette réunion a été précédée par des séances de travail impliquant des experts et des groupes techniques de Sonatrach (la compagnie pétrolière algérienne), Sonidep (Société nigérienne des pétroles) et NNPC (Nigeria National Petroleum Corporation).
Une avancée majeure pour le gazoduc transsaharien en 2025
Le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), prévu pour transporter du gaz naturel sur une distance de près de 4 128 kilomètres, a connu une évolution significative en ce début d’année 2025. Lors de cette réunion ministérielle de suivi, un contrat crucial pour la mise à jour de l’étude de faisabilité a été signé entre les parties prenantes. Ce document s’inscrit dans le prolongement de l’accord signé en 2024 et vise à préciser les étapes nécessaires à la concrétisation rapide du projet, avec une attention particulière portée sur la réduction des coûts et l’optimisation des délais.
Au-delà des aspects techniques, cette réunion a permis de rappeler les engagements pris lors de la rencontre de 2024, qui avait vu la signature d’un mémorandum d’entente entre les ministres de l’Énergie des trois pays, portant notamment sur les conditions de financement et la coordination des différents acteurs impliqués dans la gestion du gazoduc. Mohamed Arkab, ministre algérien de l’Énergie, a souligné l’importance de cet accord comme un pas décisif pour l’aboutissement du projet, insistant sur l’engagement des trois pays à poursuivre une coopération renforcée.
Si 2025 marque une avancée décisive, le projet du gazoduc transsaharien n’est pas une initiative née de cette année. Ce projet stratégique a fait l’objet de discussions de grande envergure lors de plusieurs réunions ministérielles au cours des dernières années. La première d’entre elles a eu lieu à Alger, le 28 juillet 2022, lors de la troisième réunion ministérielle du comité d’orientation du projet.
Lors de cette rencontre, un mémorandum d’entente a été signé entre l’Algérie, le Niger et le Nigéria, réaffirmant l’engagement des trois pays à poursuivre la coopération afin de concrétiser le projet du gazoduc transsaharien (TSGP), destiné à transporter du gaz naturel du Nigéria vers l’Algérie en traversant le Niger, pour une exportation vers l’Europe. Cette réunion avait également permis de poser les bases d’une feuille de route commune pour le projet.
Un projet aux enjeux géopolitiques et économiques
Le gazoduc transsaharien représente bien plus qu’une simple infrastructure énergétique. Il s’inscrit dans une dynamique géopolitique régionale et internationale. Ce projet vise à renforcer l’intégration économique de l’Afrique, en offrant une alternative stratégique à l’acheminement du gaz naturel vers l’Europe, tout en réduisant les coûts d’exploitation liés au transport maritime de gaz naturel liquéfié (GNL). Le tracé du gazoduc, qui se veut aussi direct que possible, devrait permettre de réduire considérablement les investissements et les coûts d’exploitation, un facteur clé pour la rentabilité du projet.
Le gazoduc constitue par ailleurs un atout majeur pour l’Union européenne, qui pourra diversifier ses sources d’approvisionnement en gaz naturel en optant pour une voie terrestre plus sécurisée. Pour les trois pays concernés, l’impact économique est tout aussi important, avec la création de milliers d’emplois directs et indirects ainsi qu’une plus grande influence sur le marché mondial de l’énergie. En ce sens, le projet va au-delà de la simple coopération bilatérale, car il est également porteur d’un renforcement stratégique de la position de l’Afrique sur la scène énergétique mondiale.
L’Algérie réaffirme son soutien au Niger
La mise en œuvre du méga-projet du gazoduc transsaharien suit son cours habituel par la tenue de réunions ministérielles importantes de suivi. À la fin du mois de septembre 2024, les deux pays ont franchi une nouvelle étape à l’occasion de la dernière visite du ministre nigérien en Algérie, avec à la signature d’un mémorandum d’entente entre Sonatrach (Algérie) et Sonidep (Niger) le 1er octobre 2024, permettant ainsi le renforcement de la coopération dans le domaine de l’énergie, notamment dans les domaines de l’exploration, de la prospection et les projets communs entre les deux pays, dont le gazoduc transsaharien.
Lors de cette visite, le ministre algérien de l’Énergie Mohammed Arkab avait alors affirmé que l’Algérie soutiendrait le Niger dans la mise en œuvre de ses projets énergétiques, et plus spécifiquement sur les projets de construction de raffineries et complexes pétrochimiques qu’il projette de mettre sur pied, affirmant : « nous allons continuer à accompagner nos frères de la République du Niger, notamment dans le secteur de l’énergie et de l’industrie pétrolière », Il a aussi souligné l’importance de la formation des techniciens et des cadres nigériens dans le secteur des hydrocarbures.
M. Oumarou a pour sa part exprimé sa reconnaissance pour la « coopération étroite entre les deux pays ». Il a également salué le soutien technique de Sonatrach, tout en soulignant l’importance de la formation dispensée par l’Institut algérien de pétrole, qui vise à former des équipes de cadres et de techniciens nigériens.
Cette initiative s’inscrit dans un cadre plus large de coopération entre les deux pays et des liens stratégiques entre l’Algérie et le Niger, De plus, les rencontres bilatérales ont permis d’évoquer la mise en œuvre de cette coopération plus intensive dans le cadre du projet de gazoduc transsaharien et les difficultés techniques restées à surmonter.
Cette initiative s’inscrit dans une dynamique de partenariat plus large entre l’Algérie et le Niger, renforçant fortement les interrelations stratégiques entre les deux pays. D’ailleurs, l’énoncé des entretiens bilatéraux a permis de parler de l’état d’avancement du projet de gazoduc et des difficultés techniques à lever pour le réaliser.
Autre moment clé de 2025, le 14 janvier avec la signature d’un PV de réunion entre Sonatrach et Sonidep. Ce document marque une avancée décisive dans la mise en place des sous-commissions qui doivent piloter la construction de la raffinerie de Dosso et traiter l’ensemble des volets juridiques et transactionnels des projets. Ce soutien technique et logistique vise à rendre les projets énergétiques du Niger plus performants et plus structurés.