Travailler jusqu’à 64 ans ? Pas forcément. Certaines professions et situations permettent encore de partir plus tôt et avoir droit à la retraite anticipée. Entre métiers à risques, carrière longue et pénibilité, des exceptions existent pour contourner l’âge légal. Qui peut en bénéficier et sous quelles conditions ? Explications.
Depuis la réforme des retraites de 2023, l’âge légal de départ est progressivement relevé pour atteindre 64 ans pour les générations nées à partir de 1968. Ce changement qui vise à garantir l’équilibre du système de retraite, a suscité de nombreuses interrogations, notamment chez ceux qui espéraient partir plus tôt. Une perspective qui ne réjouit pas tout le monde… Heureusement, tout le monde n’est pas logé à la même enseigne. Certains peuvent encore partir avant cet âge, sous certaines conditions.
Entre les métiers à risques, les carrières commencées très jeunes et les professions où la pénibilité est reconnue, des exceptions existent pour un départ à la retraite avant 64 ans. Certaines permettent de partir dès 55 ans, d’autres à 57 ou 58 ans. Mais qui peut en bénéficier ? Quelles sont les démarches ? Quels sont les trimestres pris en compte ? Voici les dernières règles en vigueur pour ceux qui rêvent d’une retraite bien méritée avant l’heure.
Qui peut prétendre à un départ à la retraite avant 64 ans ?
Si l’âge de 64 ans est désormais la règle pour partir à la retraite, certaines exceptions permettent encore de partir plus tôt. Ces dérogations concernent cinq grands profils :
- Les métiers à risques (policiers, pompiers, militaires…)
- Les travailleurs handicapés
- Les anciens régimes spéciaux
- Les métiers pénibles
- Les carrières longues Que vous soyez concerné ou non, voici un tour d’horizon des critères permettant de partir en retraite anticipée.
Des métiers à risques ouvrant droit à une retraite anticipée
Certains emplois impliquent une exposition permanente au danger, justifiant ainsi un départ anticipé pour préserver la santé des travailleurs. Les policiers, sapeurs-pompiers, militaires et surveillants pénitentiaires sont parmi les rares professions qui conservent ce droit.
Pour ces travailleurs, la possibilité de partir en retraite dès 57 ans demeure en vigueur. Ce privilège est accordé en raison de la nature éprouvante de leur métier, où le stress, la fatigue physique et les risques liés aux interventions quotidiennes peuvent impacter l’espérance de vie et la qualité de vie à long terme. Dans ce cadre, l’État reconnaît la nécessité de permettre à ces professionnels de bénéficier d’un repos bien mérité plus tôt, après des années de service sous haute pression.
Les travailleurs en situation de handicap : Retraite dès 55 ans
Les personnes en situation de handicap peuvent également bénéficier d’un départ anticipé, sous certaines conditions. En effet, exercer une activité professionnelle avec un handicap reconnu représente un défi supplémentaire qui est pris en compte dans le calcul de l’âge de départ à la retraite. Pour prétendre à une retraite dès 55 ans, il est nécessaire de remplir deux critères principaux :
- Avoir un taux d’incapacité d’au moins 50 %.
- Avoir cotisé suffisamment de trimestres pour ouvrir des droits à pension.
Ce dispositif vise à compenser les difficultés rencontrées tout au long de la vie active par ces travailleurs, qui peuvent être confrontés à une insertion professionnelle plus complexe et à des conditions de travail moins favorables.
Les anciens régimes spéciaux : des avantages toujours en vigueur
Si la réforme des retraites a prévu la suppression progressive des régimes spéciaux, certains travailleurs conservent encore leurs avantages d’antan. Les employés de la RATP, de la Banque de France ou d’EDF, embauchés avant le 1er septembre 2023, font partie des exceptions qui peuvent toujours partir plus tôt que le reste de la population active.
Cette situation est le résultat de ce que l’on appelle « la clause du grand-père ». Ce principe stipule que les nouvelles règles ne s’appliquent qu’aux nouveaux entrants sur le marché du travail. Autrement dit, les salariés déjà en poste avant la réforme conservent les anciens droits liés à leur régime spécial, alors que les nouveaux embauchés devront travailler jusqu’à 64 ans.
Toutefois, ces régimes ne sont pas figés et connaissent une évolution progressive, visant à rapprocher leurs conditions de départ de celles du régime général.
Les métiers à forte pénibilité : une reconnaissance tardive mais effective
Certains métiers ne sont pas forcément dangereux au sens strict, mais ils nécessitent un effort physique et mental considérable, entraînant une usure prématurée du corps et de l’esprit. Les aides-soignants, les aiguilleurs du ciel et les contrôleurs aériens figurent parmi les professionnels qui bénéficient d’une prise en compte de la pénibilité dans le calcul de leur retraite.
Ces métiers, bien que très différents les uns des autres, présentent un point commun, ils imposent des horaires irréguliers, une forte charge cognitive et une pression intense. La possibilité de partir plus tôt vise à éviter que ces travailleurs n’arrivent à la retraite dans un état de santé dégradé.
Carrière longue : partir dès 58 ans sous conditions
Le dispositif « carrière longue » permet aux travailleurs ayant commencé leur activité très jeunes de partir bien avant 64 ans. Contrairement aux autres dispositifs, celui-ci ne dépend ni du métier exercé, ni du statut professionnel, mais uniquement de l’âge de début de carrière et du nombre de trimestres cotisés. Les âges de départ selon l’année de début d’activité :
- Avant 16 ans → Départ possible dès 58 ans.
- Avant 18 ans → Départ possible dès 60 ans.
- Avant 20 ans → Départ possible dès 62 ans.
- Avant 21 ans → Départ possible dès 63 ans.
Toutefois, pour bénéficier de ce dispositif, il faut avoir cotisé un nombre suffisant de trimestres. Par exemple, une personne née en 1965 devra justifier de 172 trimestres cotisés, dont 4 trimestres avant la fin de 1985, pour pouvoir partir à 60 ans et 9 mois.
Ce dispositif est particulièrement intéressant pour ceux qui ont commencé à travailler très tôt et qui, sans cette mesure, auraient une carrière bien plus longue que la moyenne.
Quels trimestres sont pris en compte pour la retraite anticipée ?
Lorsqu’il s’agit de départ anticipé a la retraite, tous les trimestres ne se valent pas. Certaines périodes peuvent être prises en compte, tandis que d’autres sont exclues du calcul. Les trimestres retenus pour un départ anticipé sont ceux cotisés (périodes de travail effectif) et les trimestres réputés cotisés, incluant :
- Jusqu’à 4 trimestres de chômage indemnisé.
- Jusqu’à 4 trimestres de congé maladie ou accident du travail.
- Tous les trimestres de congé maternité.
- Jusqu’à 4 trimestres de service militaire.
- Jusqu’à 2 trimestres d’invalidité.
- Tous les trimestres acquis via le compte pénibilité.
En revanche, certains rachats de trimestres ou périodes de volontariat ne sont pas comptabilisés, ce qui peut compliquer l’éligibilité du départ anticipé a la retraite
La réforme des retraites a durci les règles générales, mais ces exceptions permettent encore à certains travailleurs de partir plus tôt. D’après les informations relayées par le site spécialisé l’assurance santé, ces dispositifs restent essentiels pour préserver un équilibre entre durée de travail et usure professionnelle.