Avec l’arrivée du Ramadan 2025, les musulmans de France s’interrogent sur les montants de la Zakat al-Fitr et de la Fidya. Si la plupart des instances religieuses ont choisi de conserver les tarifs de l’année précédente, le Conseil théologique musulman de France (CTMF) a opté pour une réévaluation. Pourquoi cette différence ?
Chaque année, le mois de Ramadan est marqué par des gestes de générosité et de solidarité, à commencer par la Zakat al-Fitr, une aumône obligatoire destinée aux plus démunis. À cela s’ajoute la Fidya, un don compensatoire pour ceux qui ne peuvent pas jeûner. Mais en 2025, les fidèles de France doivent s’adapter à des recommandations variables selon les organisations religieuses. Entre stabilité des montants et revalorisation, l’ajustement de ces contributions suscite des interrogations. Quels sont les nouveaux montants en 2025? Quels critères ont guidé ces choix ? Tour d’horizon des décisions prises par les différentes instances musulmanes en France.
La Zakat al-Fitr 2025 réévaluée par le CTMF
Les musulmans de France se préparent à s’acquitter de la Zakat al-Fitr, une aumône obligatoire destinée aux plus démunis. Cette année, le Conseil théologique musulman de France (CTMF) a décidé de revaloriser son montant, le portant à 10 €, contre 9 € en 2024. Cette augmentation repose sur une analyse du prix moyen de 2,5 kg de riz, utilisé comme référence pour calculer cette contribution.
« En tant qu’obligation religieuse pour tout musulman et droit des nécessiteux », la zakat al-fitr fait l’objet d’une réévaluation annuelle par l’instance, pour qui « l’absence de révision de cette contribution pourrait être perçue comme une atteinte à la part revenant aux démunis ». C’est pourquoi le CTMF a fixé la valeur de l’aumône pour l’année 1446/2025 à 10 €, ceci « en se basant sur le prix moyen de 2,5 kilos de riz » en décembre 2024 dit le communiqué du CTMF
Selon le CTMF, ajuster ce montant est essentiel pour préserver le pouvoir d’achat des bénéficiaires et garantir une aide suffisante aux familles les plus fragiles. L’inflation touchant particulièrement les produits alimentaires, l’instance religieuse estime que ne pas adapter la Zakat al-Fitr reviendrait à réduire son impact social. Le montant a donc été fixé plusieurs mois avant le début du Ramadan afin de permettre aux associations humanitaires de préparer leur collecte et leur distribution.
Une Fidya de Ramadan en France réévaluée
Contrairement à la Zakat al-Fitr, la Fidya de Ramadan, qui concerne les personnes ne pouvant pas jeûner pour des raisons de santé ou de vieillesse, a été revue à la baisse. En 2024, son montant était de 9 € par jour non jeûné, mais il a été ramené à 5 € en 2025.
Le CTMF justifie cette diminution en prenant en compte les difficultés économiques actuelles et la situation des personnes concernées, souvent âgées, retraitées ou atteintes de maladies chroniques. Il abandonne ainsi l’avis juridique qui prônait une équivalence entre le montant de la Zakat al-Fitr et de la Fidya et adopte une approche plus équilibrée.
Toutefois, ce montant de 5 € est une valeur minimale. Les fidèles ayant des revenus confortables sont encouragés à donner davantage, jusqu’à 10 € par jour non jeûné, tandis que ceux en difficulté financière peuvent s’acquitter d’une Fidya réduite à 2,50 €, voire être dispensés de la payer si leur situation le justifie.
Des divergences entre les organisations musulmanes sur les montants en 2025
Si le CTMF a choisi d’augmenter la Zakat al-Fitr et de diminuer la Fidya de Ramadan, d’autres organisations musulmanes en France ont opté pour des montants différents.
La Grande Mosquée de Paris a décidé de maintenir la Zakat al-Fitr à 7 € et la Fidya à 5 €, estimant que ces montants restent accessibles au plus grand nombre tout en garantissant une aide suffisante aux bénéficiaires.
De son côté, le Secours Islamique France (SIF) recommande aux musulmans de donner 9 € pour la Zakat al-Fitr, un montant également retenu par le Conseil français du culte musulman (CFCM). Ce dernier souligne que les montants varient entre 7 et 12 € en fonction des avis théologiques et de la capacité financière des fidèles.
Cette diversité d’évaluation s’explique par les différentes méthodes de calcul utilisées par les instances religieuses, certaines prenant en compte le prix des céréales, d’autres se basant sur le pouvoir d’achat moyen.
Comment s’acquitter de la Zakat al-Fitr et de la Fidya en 2025 ?
À qui donner la Zakat al-Fitr ?
La Zakat al-Fitr est une obligation pour tout musulman ayant de quoi subvenir à ses besoins. Elle doit être versée avant la prière de l’Aïd al-Fitr et est destinée à aider les personnes en difficulté, Les bénéficiaires sont :
- Les pauvres et les nécessiteux, conformément aux principes de la redistribution sociale en Islam.
- Les associations caritatives islamiques, qui collectent et redistribuent ces dons.
Quand et comment payer la Fidya ?
La Fidya de Ramadan en France pour cette année 2025 peut être versée :
- Au fur et à mesure des jours non jeûnés, pour ceux qui savent à l’avance qu’ils ne pourront pas observer le jeûne.
- En une seule fois avant la fin du Ramadan, pour une meilleure gestion des dons par les associations humanitaires.
Payer la Fidya peut prendre la forme de repas offerts aux démunis ou être donnée en argent aux organisations qui s’occupent de distribuer ces aides alimentaires.
Où effectuer ces dons ?
Les fidèles peuvent s’acquitter de leur Zakat al-Fitr et de leur Fidya :
- Directement dans les mosquées, qui organisent des collectes spécifiques.
- Auprès d’associations musulmanes telles que le Secours Islamique France ou d’autres ONG reconnues.
- En ligne, via des plateformes de dons dédiées à la redistribution humanitaire.
Un geste de solidarité essentiel pour le Ramadan 2025
Le Ramadan est un mois de partage et de solidarité, et la Zakat al-Fitr ainsi que la Fidya en sont des piliers essentiels. Alors que les musulmans de France se préparent à célébrer ce mois sacré, ces contributions permettent d’assurer une redistribution équitable des richesses et de soutenir ceux qui en ont le plus besoin.
Si les montants varient selon les organisations religieuses, chaque fidèle a la possibilité de se référer à son autorité religieuse habituelle pour s’acquitter de cette obligation dans les meilleures conditions.
À travers ces dons, chacun participe non seulement à l’accomplissement d’un devoir spirituel, mais aussi à un acte de bienfaisance essentiel, renforçant les liens communautaires et aidant les plus démunis à célébrer l’Aïd al-Fitr dans la dignité.